Carin Clevidence. La maison de Salt Hay Road.

Carin Clevidence. La maison de Salt Hay Road

« Ils escaladèrent les dunes, et l’océan apparut, qui se fracassait sur le sable. L’air était chaud, et Clayton sentit son humidité salée sur son visage. Avec un cri de triomphe, Perry dévala le flanc de la dune, ignorant les marches de bois. Clayton le suivit. Sur la bande de sable mouillé, des puces de mer sautaient autour de leurs pieds nus, comme si la plage était en effervescence. »

Quitter Long Island. Une impossibilité pour le jeune Clayton, une délivrance pour sa sœur Nancy. Le choix de cette dernière, tombée sous le charme d’un ornithologue de Boston, a pour sa famille d’adoption les couleur de la trahison. Du grand-père Scudder à la tante Mavis, en passant par l’oncle Roy, ceux-là mêmes qui l’ont accueillie avec son frère, personne ne pouvait imaginer voir la jeune femme partir. Encore moins Clayton : le garçon ne vit que pour Great South Bay, et, au nom de la liberté sauvage que lui offre cette lagune, refuse de suivre sa sœur. Le ressentiment conduit imperceptiblement au malheur, si bien que Nancy, consciente de son erreur, revient et restaure le fragile équilibre d’avant. C’était sans compter sur le terrible Ouragan de Nouvelle-Angleterre, venu balayer définitivement cette vie modeste où l’on se surprenait quelquefois à se croire heureux. On était en Septembre 1938 et l’ouragan, connu aussi sous le nom de « Long Island Express », passe comme un rouleau compresseur sur l’île, laissant derrière lui un paysage dévasté et des existences brisées. Il en sera ainsi de cette famille, dont parle avec sobriété la romancière Carin Clevidence, elle-même née à Long Island. En vertu de l’empathie manifeste que l’auteur éprouve pour cette longue île-barrière, le roman capte avec pudeur l’intelligence des êtres et leur connexion avec les senteurs lagunaires, les marais peuplés d’oiseaux et les caprices du large. Admirable.

Petite remarque au passage : non, la tempête Hermine qui a remonté la côte Atlantique des États-Unis ces derniers jours ne sera pas le remake du « Long Island Express ».

 

Carin Clevidence. La maison de Salt Hay Road

 

Carin Clevidence, La maison de Salt Hay Road, éditions 10×18, (pour l’édition française) 2012.

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