Charles Simmons. Les locataires de l’été.

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« L’eau, le ciel et le sable. Multipliez cela par le jour et la nuit et cela ne fait toujours que six choses à regarder. » L’existence aurait pu être aussi simple que ce sage précepte, émis par la belle et énigmatique Zina. Michael, le narrateur, à l’âge où l’adolescence oscille entre pureté et désir, vit sa rencontre avec la jeune femme comme une forme de dilemme. Ce n’est pas son père, modèle de beauté et de séduction, qui l’aidera à arrêter un choix. Sur la plage inventée du cap Bone (sorte de Nantucket rattaché à la terre), où le paysage se réduit à l’essentiel, Michael tente vainement de comprendre le désordre des pulsions dont tous semblent être le jouet, malgré l’eau, le ciel et le sable. Une eau qui, sous la plume alerte de Charles Simmons, semble étrangement là pour solder les comptes, laver toute l’ambiguïté des chassés-croisés amoureux qui se multiplient entre les maisons construites au bord de la plage : la noyade du père, annoncée dès la première ligne, épure le récit, confère à la mer une nature hypnotique et expiatrice, comme si elle devait faire payer, tôt ou tard, la désinvolture.

Charles Simmons, Les locataires de l’été, éditions Libretto, (pour l’édition française) 2014.

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