La mer monte… François Solesmes

Oyats

« 11 avril. – … Il laissait à sa gauche le petit bois de pins, avant-poste de la forêt qui n’avait pu prendre pied si près du rivage qu’à la faveur d’une dépression ménagée par les dunes. (…) »

François Solesmes accède alors à la plage. La plage des Landes, en l’occurrence. Et il y choisira de confronter, jour après jour, les limites du langage à l’expérience de la mer. Entre l’éphémère et l’éternité, comment trouver les mots ? Rien de plus difficile en effet que de parler d’un spectacle qui se soustrait continûment aux filets de la conscience. D’un rivage a la couleur d’un admirable échec. Après tout, François Solesmes le reconnaît lui-même, « c’était l’invisible qu’il venait voir ». Au bord de l’épuisement, la langue capitule alors devant la mer, les métaphores s’y noient, la poésie, elle-même, revient à sa condition première : création, comme mouvement, fluctuation, vague, ondulation, et non plus comme simple objet. La mer. Point.

D'un rivage. F. Solesmes

François Solesmes, D’un rivage, Encre Marine, 1991.

Photo credit: equinoxefr via Foter.com / CC BY

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